Philippe Leroux
quand la musique est bonne
Pour Philippe Leroux la musique est autant une passion qu'un moyen d’expression. Le compositeur aulnaysien court la planète, tel un lutin des sons.
Le regard malicieux, d'une accessibilité déconcertante, à 49 ans Philippe Leroux est pourtant un compositeur dont la cote ne cesse de grimper. «Les gens s’étonnent parfois que je sois encore vivant, dit-il en riant, comme si la musique classique ne pouvait pas être contemporaine ! On a encore vraiment besoin de la décoller de son image bourgeoise», explique-t-il. Classique, classique, pas tant que ça : outre les instruments habituels, il a aussi souvent recours à l'électro-acoustique voire à l'électronique.
Cet Aulnaysien souhaite que les adeptes des musiques actuelles ouvrent leurs oreilles. “Laissez-vous porter par l’énergie et la vitesse. La musique classique est synonyme de liberté ! Et celle du son implique celle de la pensée”, insiste-t-il.
Philippe Leroux a découvert le piano et la guitare à 11 ans. Très rapidement, après quelques heures seulement de cours, il s’est mis à composer. “À 19 ans, j’ai décidé que j'en ferais mon métier. Mes parents étaient inquiets et ils ont été difficiles à convaincre”, se souvient Philippe. Il entre au Conservatoire national de musique de Paris, et obtient plusieurs prix. Jusqu’à celui de Rome, où il passe un agréable séjour à la Villa Médicis. “J’ai voulu découvrir tous les genres, de la bossa nova en passant par la musique de films, j’ai même produit, un temps, des émissions d’ateliers musicaux sur France Musique”, rappelle-t-il. Pour lui, cet art est fondé sur le son, davantage que sur des éléments de solfège. Une sorte de pensée du sonore. “Lorsque je compose, je pense en termes de grain de son, d’énergie sonore, de mouvement des sons”, confirme le compositeur.
Depuis qu’il a obtenu le fameux prix de Rome, Philippe Leroux a acquis une reconnaissance internationale. Il joue dans le monde entier. “Je viens de terminer deux œuvres : un concerto pour saxophone et orchestre, qui va être interprété à Nice et à Bangkok et un autre pour l’orchestre philharmonique de Radio France. Un livre d’entretiens (*) qui raconte mon parcours et mes goûts va même sortir dans les jours qui viennent.”
Et ce célèbre compositeur n’a pas perdu le goût d’enseigner, bien au contraire. “Le conservatoire d’Aulnay a un très bon niveau. Je suis professeur depuis vingt ans. J’apprécie beaucoup le contact avec mes élèves qui viennent d’horizons très divers. À chaque fois, j’essaye de comprendre ce que la musique veut dire pour eux. Car c’est avant tout un partage”, assure-t-il. Aussi modeste que sincère et convaincu.
(*) Musique une aire de jeu, aux éditions MF, 12 €
Emmanuelle Friedmann
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